Au départ, sans que ce soit dit, nous voulions réinvestir en creux le domaine du langage des fleurs, son histoire et son actualité. Nous avons compris deux choses à ce sujet. D’une part, ce que l’on appelle langage des fleurs est globalement une invention littéraire du XVIIIème siècle, tramée par des jeunes filles inspirée mais sans réelle application. D’autre part, les fleurs et par extension les plantes, si on leur prête attention, parlent, certes de relations et de sentiments, mais aussi facilement ― et c’est finalement ce qui nous intrigue ― de situations pratiques, d’économie, de propriété, de lieux, de temporalité, de science, d’histoire.
A mieux y regarder, la première saison du fleuriste décrit la perte progressive de toute certitude quant à notre point de vue sur les fleurs, et une dissolution implacable de la définition qu’on en donnerait. Tour à tour marchandises, signes, organes, phénomènes ou choses, les fleurs sont un objet de spéculation inépuisable. Spéculation qui va de l’analyse la plus détachée et radicale : le designer Bruno Munari décrit dans les années 60 une rose comme un objet ‘’sans justification’’ en dépit de sa cohérence formelle, un objet qui de plus ‘’peut conduire le travailleur à des pensées futiles’’, un objet au fond immoral ― à l’expérimentation la plus ésotérique : toujours dans les années 60, le scientifique Cleve Backster, spécialiste de l’interrogation pour la CIA, branche un polygraphe (détecteur de mensonges) sur un dracaena qui se trouve dans son laboratoire. Il saisit une feuille de la plante et la trempe dans son café sans noter de réaction. C’est au moment précis où Baxter décide de bruler une feuille que le polygraphe enregistre une réaction manifeste. S’en suit une série d’observations sur les facultés de la plante à anticiper les expériences et à saisir les intentions de Backster. Ces découvertes ont été formellement contestées par le corps scientifique mais leur cohérence, leur finesse et au bout du compte leur richesse spéculative, rendent aujourd’hui encore les travaux de Backster difficiles à disqualifier totalement.
Dans la nouvelle saison du fleuriste, il ne sera pas question d’expériences scientifiques. Nous voulons néanmoins nous intéresser aux fleurs d’encore plus près. Chaque photographie sera accompagnée de deux textes courts. Le premier s’attachera à la description simple et précise des caractéristiques physiques de la fleur. Le second sera pure spéculation.
Lisianthus 1
Say my name. Say my name
Il y a cette pièce plutôt ancienne (1985) de Dominique Gonzalez-Foerster. Elle devait encore être aux Beaux-Arts quand elle l’a faite. Elle a posé un vase en verre rempli d’eau sur un radio réveil doté d’un affichage digital lumineux, une fleur dans le vase. J’avais écrit sur mon écran, à côté de la photo de cette pièce : « L’interpénétration d’une fleur qui passe, de l’eau qui s’épuise, d’un réveil qui compte le temps, domestique et mondial. » Pascal Cribier, un paysagiste avec qui je travaille souvent, me faisait remarquer qu’il fallait écrire lys. Et pas fleur. Evidemment le lys est très sculptural, il fonctionne bien, mais je ne pense pas que la référence aux annonciations suggérée par ce choix de fleur soit volontaire. Aussi, il me semble avoir entendu que cette sculpture pouvait être refaite avec un autre vase, un autre radio réveil et une autre fleur. Non, parfois fleur est aussi bien que lys.
Say my name. Say my name
Entendu à l’Inconnu, les Destiny’s Child remixées par Cyril Hahn, chacun acquiesce pour lui-même – ouais c’est bien ça – de manière presque imperceptible chacun fait osciller sa nuque en rythme – ouais je connais, je connaissais avant tout le monde. C’était il y a trois mois. C’était une promesse d’été, de filles qui dansent au ralenti avec les cheveux mouillés. Qu’est-ce qui s’est passé depuis ?
Say my name. Say my name
Il y a cette photo, prise par Antoine avant l’hiver, d’une fleur qu’on a un peu oubliée. Un lisianthus ?
Say my name. Say my name
Il y a Jules vernes, qui en 1891, invité par les élus d’Amiens dont il fait partie, à prononcer un discours pour l’assemblée générale de la société d’horticulture de Picardie, terrassé par sa méconnaissance de la botanique, finit un long bavardage par la description du paradis comme un beau jardin de la Mésopotamie où les végétaux ne portent pas de nom.
Say my name. Say my name
Moi aussi j’ai oublié comment tu t’appelles. C’est encore la fin de l’hiver. Ma libido s’est évanouie. Vivement la prochaine saison.
Chrysanthemum
We had bought phosphorescent latex vampire skull masks for the party. They looked ugly enough.
“Ask a toad what is beauty… He will answer that it is a female with two great round eyes coming out of her little head, a large flat mouth, a yellow belly and a brown back.” (Voltaire, Philosophical Dictionary, 1794)
To my surprise, I saw a bunch of Chrysanthemum bushes in pots pop-up on my neighbours’ tiny porch (a hairstylist and an art merchant – they have taste – and awards in fact should be given for their massive investment in greening our block’s courtyard)
I remember putting the skull mask on as I got really drunk, and trying relentlessly to scare people.
Chrysanthemums were once infamous and pathologically disliked flowers, widely associated in popular French culture with the all-saints holiday, and the Cemetery. The Mexicans also associate them with the day of the dead and have done since pre-Hispanic times. Mexicans though - who maintain a much cooler relationship with their dead and death in general - have associated the Marigold (the Chrysanthemum’s cousin) with the summoning of the spirits - through their strong scent it is said that they guide them to the food offerings laid out for them.
It would seem that in france, the Chrysanthemum is currently getting a chance out of the cemetery. It is now to be found among manky organic veg’ and handmade sweat-shop-free, organically grown cotton, limited series shirts; all the norm for the alert, ultra connected city dwelling male slasher; all odes to the odd and the ugly. In the same way nature once made the odd perfection, now it occasionally makes the odd imperfection. Chrysanthemums. This is what we’re seeking for!
Last thing I did was remove the skull mask in an attempt to make out with a friend who wouldn’t let me. “You appeal to me, intellectually” he said, and I left the party because it was more crap than I could handle.
In his legendary 1992 critical article “the Cult of the ugly”, Steven Heller, introduced by Voltaire’s quote re-transcribed above, states that the cult of ugly in graphic design often fails to produce more than a style without substance. “Ugliness as a tool, a weapon, even as a code is not a problem when it is a result of form following function. But ugliness as its own virtue – or as a knee-jerk reaction to the status quo – diminishes all design” says he… Hum, what was the function of the Chrysanthemums again? And the one of the skull mask?
I was drunk, sad and tired in the cab. And as I tried to sleep my way home, the cab driver was afraid that I would throw-up in his car. He opened the electric window each time he saw my head nod. “And Sir! Stop it, I never throw up in cabs!”. Great style indeed, grand dysfunction.
Rose Caprice
Les fleurs coupées en général et les roses en particulier fournissent un moyen efficace de ralentir le temps avant la fin du monde. Le temps ralenti ? C’est devenu au pire un état de fait – 18 000 vols annulés entre New-York et le reste du monde cette semaine, bug climatique, léthargie mondiale, une foule de petits changements de plan. On a peur mais soudain on a le temps. Au mieux une obsession – la versions [chopped and screwed] de call me maybe, la chanson qui ulcère/excite tout le monde, un monument de miel et de provocation à deux balles passé à la sauce caillera foncedé. [chopped and screwed] pour ceux qui ne sont pas encore passés du côté obscur, c’est une technique de mixage inventée dans les années 90 par des rappeurs et des djs de Houston qui consommaient pas mal de codéine. Cette technique consistait à ralentir considérablement et déconstruire des morceaux de hiphop pour les faire tendre vers une forme de psychédélisme lent et minimal (assez proche des effets de la codéine sur le cerveau justement – vous comprendrez si vous abusez du sirop pour la toux). Le son [chopped and screwed] a été remis au goût du jour par les nouveaux bad boys de la côte ouest des Etats-Unis, aussi par une foule de djs inquiétants à travers le monde et ces jours-ci par les majors. Voilà une esthétique du ralentissement global qui n’est pas étrangère aux fleurs, puisque le principal souci des botanistes, depuis que les fleurs font l’objet d’un commerce, fut de ralentir leur vieillissement… Ce que c’est de prendre le temps d’observer une fleur quand on est un peu stone… Ou si comme moi, on est devenu beaucoup trop paranoïaque pour la drogue, fixer attentivement la photo ci-dessus en écoutant une version [chopped and screwed] de the weeknd – XO – The Host. Peu importe laquelle. Il en existe des tas.
Dahlia 2, on clichés…
Dear friend of gothic sartorial preference,
I’m finally writing you about this particular Sunday in September. I was walking back home from Jourdain, a friend had told me to try this shop in front of the church across from the metro station – I noticed if you leave the tube from the correct exit you can smell the flowers underground, and I found this special bunch of white dahlias there. It was still summer, I was wearing black cotton shorts, a thin grey striped shirt, sunglasses, and a pair of green flip-flops. All basics. I believe I was ‘transparent’. That’s when our paths crossed, rue de Ménilmontant and you made a very loud remark to yourself: Fucking cliché!
Me? Cliché? Possibly… however, I’m not going to inconvenience you with considerations over the notions of no look, or anti-fashion, or any other ideas concerning style that I may have kept with me from my teenage years in the nineties…
One thing is bothering me though, beyond your obvious lack of sensibility - tell me; aren’t gothics supposed to be emotional? This is a simple question: what did you see? What was there to react to? Did you notice the flowers?
I know you did. I know what you might think about our generation: pathetic, both spoiled and unlucky, a generation within which gay is the new bourgeois and the banal hipster fights for the few remaining niches. But my flowers were standing for something quite other; see Marine arranging them gently, no need to fight me on this young gothic friend. So put away your little silver sword and spare my blood next time.
Nouvelle Eve / 7 Rue du Jourdain / 75020 Paris / 01 46 36 53 86
Rose Soutine_2
Il y a un marché pour l’art comme pour les roses.
Dans la notice du livre d’Adam Lindemann sur les collectionneurs d’art contemporain, on lit que la liquidité d’une œuvre est son aptitude à se transformer en argent. Historiquement, l’art a été un investissement non liquide. Récemment, le marché de l’art contemporain a suscité une remarquable liquidité.
La rose Soutine appartient au groupe de cultivar des « hybrides thés », dont la création constitue sans doute l’héritage le plus évident d’une époque – le XIXe siècle - qui avait fait des roses une obsession mondaine et culturelle, un sujet idéal d’érudition. François Joyaux, auteur de « la rose, une passion française », fait terminer cette période de rosomanie au commencement des deux guerres mondiales, qui eurent pour effet de réduire dramatiquement et jusqu’à aujourd’hui le marché de la rose à l’état liquide.
Vous en connaissez, vous, aujourd’hui, des grands collectionneurs de roses ? Pourquoi les roses ne sont-elles plus vraiment collectionnées ? Pourquoi les nouveaux cultivars deviennent plutôt des produits que des sujets ? Parce que les roses ont perdu une part de leur pouvoir symbolique ? Parce que nous vivons une époque dont elles peinent à témoigner ? Parce qu’elles sont étourdies par l’incertitude persistante, par la migraine opiniâtre qui sont parmi les symptômes de cette époque.
Rose Soutine_1
I’m in the train to Paris. There’s a slight death penalty feeling in the wagon as everybody is obviously going back to work tomorrow. I’m sitting with four girls more or less my age, provincial bougeoisie, playing tarot, discussing hair color and how bad, according to them, the new Chanel campaign looks in elle, and how the cheap model makes them think they are prettier. I frankly smiled to them - the model is Stella Tennant. There is something sweet about these girls however. They Recall a lot of friends from my hometown as I watch them. Or is it the surprising melange of fruits in a XL sheer freezer bag laid on the table between them? Or more possibly the bunch of tea roses in a paper bag close to the blond one on my left. Ah, girls with a garden…
Grown: In the greater Paris area.
Bought: By five bunches packages.
Preparation: Remove leaves, cut, put in water.
Price: 8 € a bunch.
Longevity: five to ten days.They should be cut every two days.
Color: raspberry and white.
Classification: Hybrid tea rose.
Expression végétale / 106, rue de Ménilmontant / 75020 Paris / 09 81 26 20 38
Lys d’été_2
Je l’avais pris pour un être flamboyant. Dans ce moment de fatigue je crois comprendre ce qui le préoccupe. La possibilité de sa propre solitude l’obsède. Est-ce son odeur capiteuse qui éloignera ses amis ? Il regarde la table avec effroi, sur laquelle le pollen indélébile tombé de ses pistils s’est répandu.
:O
Summer Lily_1
For those who may not be familiar with the concept, the Flaugnac Fête is an annual event. In fact, it is the annual event. It is when the 406 inhabitants of the tiny, perched, white-stone medieval village that I call home invite the surrounding villages to a two day, trans-generational, shin-up.
I have come to realize that it is rather like Christmas, in many respects, only on a much larger scale. And in shorts.
So every year during the third week end of July - like the third week in December - wherever one happens to be geographically, great effort is made to get you to Flaugnac. This is the first, very important point.
YOU DO NOT MISS IT; a crime I almost committed this year, saved only by maternal persistence.
As with Christmas, the schedule is known in advance: Christmas eve, morning nibbles and bubbles, xmas lunch and boxing day drinks becomes Brass-band and sangria, lunch time aperos, pre diner nibbles and giant BBQ on the square.
That is the program, the basic unchangeable line up: same people, same place, for over two decades. As the years go by and the kids grow, the party just gets larger, but it does not really change.
All the summers tend to mix into each other, different events are remembered and regaled, yet cannot be precisely dated without certain effort; a drunken haze of warm rosé melts the edges of every story.
And anyway, general precision is not really the point: the surprises and fantasticness of the event - as in a good Xmas - lays in the tiny details.
Grown: Cahors, in the Southwest of France.
Supplier: Bought directly from the grower at the Saturday market.
Price: 1 euro per stem.
Longevity: A good week.
Preparation: They come un-prepared, cut the day before and borsht to market in the morning, unlike the flowers bought in a florists, the still have the pollen filled pistils attached - which stain terribly.
Color: Deep reddish-purple.
Gaec des Fleurs / Combes et Fils / 785 chemin du Mas de Mansou 46000 Cahors France / 05 65 35 28 28
La fête de Flaugnac / 3rd week-end in July / 46170 Flaugnac / for more info see here
Souci Calendula
J’ai acheté ce livre à l’étalage il y a quelques semaines. J’ai essayé de le lire pour trouver quelque chose à dire mais rien dans le texte n’est à la hauteur du titre. Et je crois de toute façon que c’est le titre avant tout qui m’a fait penser à toi, le titre et l’auteur : Duras, ‘La pluie d’été’. C’est un peu toi : un moment à part, dont on se souviendra, en bien en mal, sans importance. Personne ne peut dire définitivement s’il apprécie ou pas les pluies d’été. On sait seulement qu’elles viendront… inattendues. Rafraichissantes.
Provenance : Région Parisienne.
Prix en boutique : 7,5 € la botte
Longévité : Recouper avant de les mettre à l’eau.
Couleur : Jaune orangé.
Floraison : Fin du printemps début de l’été.
Famille : Astéracées.
L’Arrosoir / 80 rue Oberkampf / 75011 Paris / 01 43 57 15 61
Rose 5
You are offered cut flowers, let’s say roses, summer roses. You usually think one should not buy roses if not to wear them. You think roses are rather part of a place, like this garden that you remember. Strangely you remember the roses as much as the sunny stonewall, the swimming-pool, the special shape of the house, the people there, their old dog. You take your cut roses home anyway, and as you start to look at them you are trapped. You want to know their story. You wish they showed you something more. You skip the office for a day. You keep playing the same song on your stereo, super loud because you suddenly “understand” what it means. Let’s admit it boy, you have a crush on them. And as soon as you accept this new relationship, you realize it’s going to be a short one… Relationships - yeah…
Frédéric Garrigues / 2, rue Saint-Gilles / 75003 Paris / 01 48 87 99 27
Cosmos 1
C’était le premier jour des soldes, il me fallait un costume, la crise n’y changerait rien – je le savais. J’allais devoir me battre. 28 °C dehors, Echanges tendus de mms avec Elena, vendeurs prêts à tout, tailles aberrantes, cabines absurdes (mention spéciale à l’éclaireur). Je travaillais méthodiquement à effacer cette journée de ma mémoire, quand la fraîcheur réparatrice d’une boutique de fleurs dans laquelle j’entrai, rue du Pont aux choux, m’a fait changer d’avis. Chlotilde Rohart a tout de suite compris ce que j’attendais. Elle a simplement cueilli une tige de cosmos dans un pot. Clairvoyance – Félicité – Rédemption.
Provenance : Région parisienne. La fleur est originaire du Mexique.
Fournisseur : Des producteurs, à Rungis.
Préparation : On nettoie les tiges en enlevant un maximum de feuillage qui salirait rapidement l’eau du vase et asphyxierait la fleur.
Prix : 8 € à 10 € la botte.
Longévité : Elle peut paraître fragile lorsqu’elle est coupée mais il suffit de l’entretenir. Apres chaque floraison, il faut couper la fleur morte, pour permettre aux boutons de s’ouvrir. Un bouquet de Cosmos peut ainsi durer huit à dix jours.
Couleur : Blanc, rose pâle, fuchsia. Existe aussi en jaune et orange, même une variété spéciale, les cosmos chocolat, qui sont marron-noirs, comme marbrés, et qui sentent réellement… le chocolat !
Floraison : Le Cosmos se sème en avril. Il pousse donc de la fin du printemps au début de l’été. Le cosmos est une fleur annuelle. La plante meure chaque année mais en jardin, elle se ressème naturellement. De mi-mai à mi-octobre, un même plant va avoir plusieurs floraisons, à savoir deux ou trois. Après la première floraison, la plante semble se rétracter, puis se développe à nouveau…
Bois Violette / 7, rue du Pont au choux / 75003 Paris / 01 42 74 44 49
Iris 1
Iris was the Grecian goddess of rainbows. She unravelled her multi-colored scarf as the rain ceased and the sun returned, replenishing the emptied clouds with water from the sea. Messenger of the gods, she was the bearer of good news.
The fleur-de-lys - emblem of French royalty - is in fact not a Lis (Lilly), but a Water Iris (Iris des marais), said to have replaced the heraldic toad formally on King Clovis’ armor when he won against the Visigoths thanks to waterlilies that showed him how to safely cross a river and thus succeed in battle in the early 6th century.
Fast-forward 1,500 years to contemporary Paris, and we may have found a fantastic branding opportunity for this amazing flower. With its multicolored mythology, fantastic Marais/regal origins, and its unfortunately out-of-fashion repute with most florists, perhaps this is the ultimate flower for the 3rd and 4th arrondisements?
Grown: All over France and Italy.
Longevity: The larger the ‘beard’ the more fragile the flower, for a day or two to over a week.
Preparation: Change the water very regularly. Keep it topped up.
Color: They come in all colors except true red or total black.
Scent: Highly scented, the Iris has been used as sent for centuries as have the rhizomes.
Family: Iridaceae.
René Veyrat, Fleuriste / 168, bd Haussmann 75008 / 01 45 62 37 86 / www.reneveyrat.fr
Ornithogalum 1
Que dit l’ornithogalum au chien, et que peut dire le chien à l’ornithogalum ? La question n’est pas absurde. Elle est même plutôt actuelle. On sait que les plantes savent « sentir ». Elles disposent de récepteurs pour les composés organiques volatiles émis par d’autres plantes. Leurs récepteurs de lumière sont assez perfectionnés pour qu’elles reconnaissent les longueurs d’ondes renvoyées par les plantes qui les côtoient. Elles peuvent donc aussi « voir ». La question qui se pose aujourd’hui concerne le son. Les plantes produisent des bruits, pas seulement des craquements et des bruissements. L’étude récente d’une équipe de chercheurs italiens et australiens tente de déterminer si les plantes sont réceptives aux sons qu’elles émettent. Leur expérience est la suivante : Le fenouil – c’est une de ses particularités – émet des signaux chimiques puissants par ses racines ou ses parties aériennes, capables de compromettre la croissance ou la subsistance de certains de ses voisins. Des graines de piment en pot sont placées à proximité d’un plant de Fenouil lui aussi en pot et isolé par une cloche totalement opaque. Les graines accélèrent leur germination et produisent des plants plus grands. L’expérience montre que les piments ont conscience de la présence du fenouil, malgré la cloche opaque, et forcent leur croissance pour prévenir les effets des émissions chimiques du fenouil. Les piments ont donc vraisemblablement entendu le cri du fenouil.
Provenance : Elles viennent des serres Serres hollandaises, et plutot de Belgique quand elles sont cultivées en pots.
Fournisseur : Plante assistance.
Achat : Par bottes de 100.
Préparation : En général je la vends par 5.
Prix : entre 12 € et 7 € 50 les cinq, en fonction des variétés et de la longueur de la fleur.
Longévité : Dix jours. C’est une fleur qui peut résister longtemps sans eau.
Couleur : On la trouve en blanc ou orange.
Parfum : Non Floraison : Surtout au printemps.
Famille : Liliaceae
Signification : En grec, ornithogalum signifie oiseau / lait
Natcho et compagnie / 12, rue du petit Thouars / 75003 Paris / 01 42 72 41 48
Photo by Jethro Turner.
Rose Papa Meilland
Stepane is the youngest of “the old timers,” as he calls them. He means that he is the youngest of the generation of florists that works ‘a l’ancienne’: No debt, no extra stock, no fancy schools, just father to son and good old fashioned hard work.
It goes without saying that both his parents were in the trade. He of course, was going to do something else - international business, he thought, or import/export maybe…
Fine, said his Mother, but how about you try your hand at selling a flower or two first?
So at 15 Stephane started at Rungis and has never looked back.
‘The Papa Meilland is particularty special to me, old papa Boucreux* grew it especially for my father, since he passed away, he still makes sure I get the first bunch or two. It’s a very difficult rose to produce. Like many of the highly odiforus roses, it’s not very profitable. It is magnificent but does not keep well. He only produces about 150 stems a year.’
* The most prestigious Rose producer in the Ile-de-France.
Grown: Jean Claude Boucreux.
Supplier: M.Boucreux directly.
Price: Around 5 euros a stem.
Longevity: Between 3 days and a week.
Preparation: They come prepared, just re-cut and change the water from time to time.
Color: The color is a lost black, a deep purple velours that is almost florescent at the edges.
Scent: Very strong. The ultimate in scented roses.
Family: Rose.
Stephane Romanelli / Arum Art Floral / 8 rue Nicolas Flamel / 75004 / 01 42 78 62 98
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